Oct 10, 2022

L’augmentation d’un an de l’âge de la retraite des femmes est adoptée de justesse en Suisse

Déçues, regrettées, mais toujours déterminées à continuer à défendre leurs droits. C’est ainsi que l’on peut résumer les réactions des syndicalistes suisses qui ont dû s’incliner devant le verdict populaire du dimanche 25 septembre : avec un maigre 50,57% d’approbation, la proposition de faire passer l’âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans a été acceptée en votation populaire. L’accent est désormais mis sur l’égalité des salaires pour améliorer la situation des femmes.

“Bien que leurs rentes et leurs salaires soient encore nettement inférieurs à ceux des hommes, les femmes doivent travailler une année supplémentaire”, regrette Unia, le plus grand syndicat de Suisse. Cette réforme prévoit une baisse des prestations “qui aggrave encore la situation déjà problématique des femmes en matière de revenus et de pensions”, estime l’USS, la plus grande confédération syndicale de Suisse. Face à cette situation, il est clair que “les femmes ne peuvent réagir que d’une seule manière : en renforçant la lutte pour l’égalité des salaires et des pensions”, ajoutent-ils.

A court terme, les syndicats comptent sur un autre instrument pour améliorer les trop faibles rentes de vieillesse publiques (AVS) : ils réclament une treizième AVS, qui entraînerait une amélioration de 8,33% des rentes. “Cette étape est d’une importance cruciale surtout pour les femmes, dont un tiers vit exclusivement de l’AVS après la retraite”, ajoute Unia. En outre, une réforme du système de retraite professionnelle (deuxième pilier) est en cours de discussion au Parlement, ce qui devrait, espérons-le, améliorer la situation précaire des femmes.

Pour les syndicats, l’engagement en faveur des femmes qui travaillent et des retraitées se poursuit donc. Ils se mobiliseront notamment pour défendre leurs droits en vue de la nouvelle grève des femmes prévue en Suisse en 2023.

Paola Ferro et Dario Mordasini (Unia – Suisse)